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    Ethnoarchéologie de la céramique, de la métallurgie et des modes de vie actuels

Par ethnoarchéologie, nous entendons la mise en évidence des liens réguliers existant entre les cultures matérielles des sociétés actuelles et leurs significations. Par analogie, ces «régularités» permettent l'interprétation des vestiges découverts lors des fouilles archéologiques, ceci à l'aide d'un contexte de référence construit.

Cette démarche a été suivie depuis 1988 dans le cadre de l'étude sur la céramique actuelle du Delta intérieur du Niger. Elle a permis l'interprétation ethnique, fonctionnelle et technique des vestiges archéologiques découverts sur les fouilles d'Hamdallahi, capitale de l'empire peul du Massina, site proche dans le temps et dans l'espace. Dans un contexte plus large, cette étude a autorisé l'interprétation des percuteurs d'argile, instruments de potières, et a permis de mettre en évidence la diffusion d'une technique de façonnage des céramiques propre à l'Afrique et commune dans toute la zone soudano-sahélienne du Soudan au Mali, et ce dès l'âge du fer. Cette étude a été reprise récemment et montre que cette technique pourrait être liée au peuplement des locuteurs nilo-sahariens.


D'autre part, l'ethnoarchéologie a aussi été utilisée dans le cadre d'une étude sur la métallurgie du fer chez les Dogon, qui a permis d'observer, décrire et filmer l'exploitation d'une mine, la construction d'un four, la réduction du minerai et le forgeage du fer obtenu de manière traditionnelle. Cette étude a donné lieu à la réalisation d'un film documentaire scientifique (Inagina, l'ultime maison du fer, traduit en plusieures langues) et nous a incité à poursuivre des recherches interdisciplinaires sur le peuplement des forgerons dogon, en mobilisant des données de l'archéologie, de l'histoire, de la linguistique, de la botanique, de l'archéobotanique et de la paléométallurgie. Actuellement, cet aspect est repris dans le programme de recherche évoqué dans le thème 1.

Enfin, l'analyse des modes de vie des populations vivant actuellement en Afrique a contribué à la redéfinition d'un concept de «néolithique africain», mieux adapté à ce continent.

     
   
     
   
Réalisé par Kondoweb, Genève