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    Etude du peuplement humain en Afrique occidentale et de ses relations avec les variations climatiques et environnementales, apparition du néolithique africain

Depuis 1985, nos fouilles au Mali ont permis de découvrir une culture néolithique originale, le «faciès néolithique du Baoulé» et, pour la première fois, de mettre en évidence une voie de repli de populations depuis le Sahara malien jusqu'au littoral du Cap Vert, consécutive à l'aridification du Sahara qui s'installe dès 2800 avant J.-C.

Ce thème a été repris et élargi dès 1996, grâce à la découverte du gisement d'Ounjougou (Pays dogon, Mali) qui comprend plusieurs dizaines de sites archéologiques répartis dans une zone de plus de 10 km2. La configuration géomorphologique particulière nous permet d'étudier une séquence stratigraphique de plus de 16 m de puissance, qui livre du matériel archéologique du Paléolithique ancien à l'époque actuelle, associé à des micro- et macrorestes végétaux dans un état de conservation exceptionnel pour l'Afrique au sud du Sahara.

Suite à ces découvertes, nous avons mis sur pied le programme de recherche international et interdisciplinaire "Paléoenvironnement et peuplement humain en Afrique de l'Ouest" qui a pour objectif général l'étude du peuplement humain présent et passé, ainsi que l'analyse des réponses apportées par ces populations aux variations climatiques et environnementales. Au-delà, il s'agit de replacer les découvertes d'Ounjougou dans le cadre de la dynamique du peuplement humain à l'échelle de la bande soudano-sahélienne africaine, d'identifier les relations entre cette zone et les zones sahariennes au nord et forestières au sud, et de déterminer l'apparition et/ou la diffusion de certaines technologies. Afin de remplir ces objectifs, nous avons mis en place une équipe interdisciplinaire, permettant d'entreprendre ces recherches en étroite synergie sous des angles à la fois archéologique, géomorphologique, sédimentologique, paléoclimatologique, botanique, ethnoarchéologique, ethnohistorique, linguistique, paléométallurgique et, nous l'espérons un jour, génétique.

Ce programme de recherche interdisciplinaire que nous coordonnons, sous l'égide des commissions suisse et malienne de l'UNESCO, est en plein développement et l'équipe compte actuellement 26 chercheurs appartenant à 11 institutions distinctes, suisses, maliennes, françaises, anglaise et allemande.

Au sein de ce programme, nous étudions personnellement les mouvements de populations à la charnière du Pléistocène et de l'Holocène, et les différentes adaptations des modes de vie qui mènent au «Néolithique africain», au vu de leur contexte paléoclimatique et paléoenvironnemental. La mise à jour récente, dans un environnement géologique et archéobotanique bien défini, de matériel de mouture et de céramiques comptant parmi les plus anciens vestiges de ce type connus à ce jour, à l'échelle africaine et même mondiale, nous permettent d'accéder à la compréhension des phénomènes d'invention techno-économiques.

Parallèlement, l'étude de l'art rupestre en Afrique nous permet de mettre en évidence plusieurs styles bien individualisés en relation avec différentes phases du peuplement.

     
   
     
   
Réalisé par Kondoweb, Genève