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Au Mali, en amont de Tombouctou, se trouve une plaine alluviale chaque année inondée par une crue bienvenue, alimentée par deux fleuves: le Niger et le Bani.
En zone aride, ce vaste delta intérieur connu pour sa fertilité a, de tous temps, attiré de nombreuses populations, comme le montre l'abondance des vestiges archéologiques, témoins des splendeurs passées des empires qui s'y sont développés depuis le début de notre ère.
Au 19ème siècle, ce delta fut le berceau d'un renouveau particulièrement brillant de la culture
islamique. Un simple berger, qui prendra le nom de Sékou Ahmadou, entreprend, sur la foi d'un rêve
prophétique, de sédentariser les Peul, peuple de pasteurs nomades, et d'islamiser la région.
Il fonde, sur les bords de la zone d'inondation, la ville sainte d'Hamdallahi, qui devient capitale de son empire.
Hamdallahi ne vivra que brièvement de 1820 à 1864, mais les ruines encore visibles, but de nombreux
pèlerinages, témoignent aujourd'hui de ce que fut la plus grande ville traditionnelle précoloniale
d'Afrique de l'Ouest. |
© 1999 Université de Genève. Mise à jour 26.10.99