Evolution ou révolution? L’origine des comportements modernes en Afrique et en Europe selon l’archéologie
conférence
Mardi 4 avril 2006 à 20h30 | CERCLE GENEVOIS D’ARCHÉOLOGIE
Uni-Bastions (Salle B 101) 3 place de l’Université, 1205 Genève
Par Francesco d’Errico, directeur de recherche au CNRS, Institut de Préhistoire et de Géologie du Quaternaire, CNRS UMR 5199 PACEA
Depuis quand l’homme est-il « moderne » ? Depuis quand a-t-il acquis les caractères que l’on associe habituellement au propre de l’homme: le langage, l’usage de symboles, l’art, une pensée religieuse? Bon nombre de ces comportements ne se fossilisent pas et il revient aux archéologues d’identifier leur émergence dans la culture matérielle de nos ancêtres.
Un modèle a longtemps été admis pour rendre compte de cette grande transformation. La modernité de l’homme serait associée à une brusque révolution culturelle ayant eu lieu il y a 40 000 ans environ, soit au début du Paléolithique supérieur. Cette mutation culturelle aurait eu lieu en Europe et coïnciderait avec l’arrivée des hommes anatomiquement modernes, des hommes comme nous en somme, sur le vieux continent. Ce changement a longtemps été considéré comme soudain et explosif.
Contre le modèle du big bang culturel du Paléolithique supérieur, un autre modèle a été récemment proposé. Selon ce scénario la modernité culturelle aurait débuté en Afrique, le continent où selon la génétique notre espèce a eu son origine il y a environ 200 000 ans, et se serait déployée par étapes entre 200 000 et 20 000 ans BP (au course l’époque dite du Middle Stone Age africain). Ce modèle suppose donc une évolution beaucoup plus graduelle et non européenne. En particulier le deuxième modèle, qui est en train de s’imposer comme le paradigme dominante, lie directement l’origine biologique de notre espèce à l’origine des comportements modernes. L’idée est simple : le processus qui a produit notre espèce en Afrique a du octroier à cette dernière certains avantages (langage, pensée symbolique, capacités cognitives supérieures) qui ont favorisé sa colonisation de l’Eurasie et le remplacement par celle-ci des populations humaines vivant dans ces régions. Au cours de cette conférence nous passerons en revue, en utilisant souvent les résultats de nos propres recherches, les indices de l’émergence des cultures modernes en Europe, au Proche Orient et en Afrique pour arriver à la conclusion que la modernité culturelle ne peut être ténue comme la conséquence directe de l’origine bilogique de notre espèce.
Toute personne intéressée est cordialement invitée !
CERCLE GENEVOIS D’ARCHÉOLOGIE
Emanation de la Société Suisse de Préhistoire et d’Archéologie (SSPA)
E-mail : cercle-archeo [at] anthro.unige.ch
Mardi 4 avril 2006 à 20h30 à Uni-Bastions (Salle B 101) 3 place de l’Université, 1205 Genève

